
| Une lettre pour Laye : Quand Norbert diffame Me Sankara |
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Cher Wambi, En attendant, si ton transitor ou ton poste téléviseur te sont restés fidèles, ouvre l’œil et tend l’oreille, car, ce vendredi 05 mars même à partir de 9 h 00, Blaise Compaoré échangera à bâtons rompus avec vos ambassadeurs dans la capitale provinciale de l’Oubritenga. Mais qu’en attendre d’autre quand on sait que cette énième Journée nationale du paysan, conjoncture oblige, mettra l’accent sur l’eau et l’autosuffisance alimentaire ? Au moment où la maîtrise du précieux liquide est au cœur de toutes les politiques de développement, il fallait, en tout cas, y penser, et j’ose espérer que les techniciens et autres personnes-ressources du département de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques qui ont effectué le pèlerinage de Ziniaré n’auront point prêché dans le désert. Un espoir partagé, puisque dans les confins de Konkistenga, l’anxiété de tes vieux oncles se mêle à la détresse du monde animal, en proie à la disette des pâturages.
La pluie des mangues qui puisse reverdir la brousse ne s’annonce pas pour demain, et le soleil, dont les rayons commencent à darder dès le petit matin, refuse d’être tendre envers tout ce qui respire. Est-ce pour autant que bon Dieu et les ancêtres vont oublier les leurs ? Note d’espoir qui m’amène aux portes de la Banque internationale du Burkina, où employeurs et employés ne semblent pas parler le même langage. Cher Wambi, l’as-tu déjà appris ? En tout cas depuis le vendredi 26 février 2010, la BIB/UBA a entamé, ce qu’on appelle dans le jargon technique, « un exercice d’optimisation du staff ». En français facile, cela signifie qu’elle a procédé à une restructuration du personnel. L’opération tiendrait en deux mouvements : l’un, appelé « externalisation », toucherait 34 employés, notamment des chauffeurs, coursiers et plantons, qui seront reversés dans d’autres sociétés privées mais toujours payés, jusqu’à la retraite, par la BIB/UBA avec, dit-on, tous les avantages dont ils bénéficiaient auparavant : l’autre, qualifié de départs définitifs, concernerait 67 agents, dont les qualifications sont jugées insuffisantes au regard des nouvelles exigences de résultats et de travail de la banque. En plus des droits légaux, les partants devraient percevoir des primes d’incitation au départ et voir leurs différents prêts apurés. Tout compte fait, les 67 personnes concernées devraient s’en tirer, théoriquement, avec l’équivalent de 42 mois de salaire en moyenne, les extrémités basse et haute étant de 21 et 63 mois. Cette restructuration, m’a-t-on dit, procède du souci d’amélioration de la rentabilité, de la productivité et de l’efficacité de la boîte. Cerise sur le gâteau des employés, bientôt, la grille salariale de l’ensemble du personnel connaîtra une réévaluation si l’on croit certaines sources. Sans oublier de nouvelles embauches qui viendraient s’ajouter aux dizaines d’agents déjà recrutés entre janvier et décembre 2009. Qu’à cela ne tienne, les travailleurs, comme on pouvait s’en douter, ne voulaient pas s’en laisser conter, et la tension était perceptible en fin de semaine dernière. Espérons seulement que les différentes parties sauront trouver un terrain d’entente dans l’intérêt bien compris de tous, surtout que l’Etat, après la cession en 2008 de 37% de ses parts, est plutôt impuissant à imposer quoi que ce soit. Aux dernières nouvelles d’ailleurs, certains avaient commencé à donner leur accord avant le délai imparti pour la signature, qui expirait hier. Affaire à suivre donc. Oui, cher cousin, les nouvelles vont à l’allure du vent, et tu n’es pas sans apprendre la naissance, depuis le 1er mars 2010, de l’Union pour le progrès et le changement (UPC). Je n’en aurais rien dit, tant, de partis politiques de tous les bords, le Pays des hommes intègres en regorge, si et seulement si celui qui préside aux destinées de ce nouveau courant, qui entend aménager au palais de Kosyam, ne s’appelait pas Zéphirin Diabré, qu’on ne présente plus, après qu’il a, dès début 2009, sonné le tocsin de l’alternance. En tout cas, un nouveau parti dont le premier cri, poussé dans les quotidiens de la place ce mardi 02 mars 2010, devrait contribuer à redessiner la carte politique du Burkina Faso, à quelque huit mois de la présidentielle du 21 novembre 2010. Dans l’attente de savoir davantage sur les ambitions réelles de Zeph et de ses disciples à travers la conférence de presse qu’ils donneront le jeudi 11 mars à partir de 9 h 00 à l’Institut Afrique Moderne (IAM) à Gounghin, l’UPC, qui se réclame de l’opposition républicaine, prêche pour un développement mieux partagé. Et si la naissance de ce nouveau parti, à ce qu’on dit, a été fortement salué, reste à savoir si l’enfant terrible de Gombousgou osera, dès la très prochaine échéance présidentielle, bousculer l’ordre établi. Hélas, c’est le moment que semblent avoir choisi certains sankaristes, une fois encore, pour s’entre-déchirer, au lieu de faire corps contre l’adversaire commun. La preuve, c’est cette lettre de protestation qu’a adressée, le 1er mars dernier, Me Bénéwendé Stanilas Sankara, président de l’UNIR/PS et chef de file de l’opposition, à son ennemi intime le député Norbert Tiendrébéogo du FFS. Que s’est-il donc encore passé entre les héritiers politiques de Thomas Sankara ? “Monsieur le Président, Ce jour 28 février 2010, vous avez tenu une réunion publique à Pô. Vous y avez particulièrement convié certains des militants de mon parti, dont le responsable fédéral de l’UNIR/PS, le camarade Frédéric Tientambou. Au cours de vos échanges, vous avez plutôt tenu des propos mensongers et diffamatoires à l’endroit de mon parti et de moi-même. Vous avez notamment affirmé sans preuve ni fondement que : Joins au téléphone aux environs de 14 heures et 45 minutes alors que vous vous apprêtiez à quitter les lieux, vous avez juste reconnu les faits avant de couper précipitamment votre téléphone. C’est pourquoi j’ai immédiatement saisi le président du CPO et celui du G-14 pour leur exprimer toute ma désapprobation face à vos agissements ; une bassesse à nulle autre pareille. Je pense que si le programme politique du FFS doit s’articuler autour de ragots de cabaret, que ma personne et mon parti en soient épargnés. Au moment où l’opposition cherche à se crédibiliser, je crois plutôt à la force des arguments et à notre capacité de prouver que nous sommes une force de proposition et non une force de destruction, dont je vous concède bien sûr la place. En tout état de cause, j’estime avoir suffisamment encaissé de votre part des dénigrements graves et divers, et considère que ce qui vient de se passer à Pô ce dimanche 28 février 2010 ne se répétera plus, car cela n’honore nullement, je suppose, les militants désabusés de votre parti, le FFS, ni vous-même. Au demeurant, je vous conjure que vous descendrez seul dans la boue sans Maître Sankara, car, comme dit la sagesse, on ne tire pas sur un corbillard. Veuillez agréer, Monsieur le président, l’assurance de mes sentiments distingués. Le président Maître Bénéwendé Sankara” Oui, cher Wambi, comme tu peux le constater, ce n’est pas demain la fin des querelles entre les sankaristes, qui ne manquent jamais l’occasion d’étaler leurs divergences en public. L’ancien combattant Timbnoma Kabré a, lui, d’autres chats à fouetter ; lui qui depuis 15 longues années maintenant, attend vainement sa pension. D’où cette lettre qu’il adresse au Premier ministre et à l’ambassadeur de France au Burkina. Lis plutôt, cher cousin : “Par cette lettre, permettez-moi d’exprimer par voie de presse toute l’amertume et l’indignation qui habitent mon cœur à propos de mon droit de pension d’ancien combattant bafoué depuis 15 ans, que je me dois de défendre jusqu’à la tombe. Je m’appelle Timbnoma Kabré, né en 1930 en Haute-Volta, aujourd’hui Burkina Faso, résident à Baporo (province du Sanguié). Ancien-combattant aux côtés de l’armée française, faisant partie de la liste de recrutement cantonal 50-984, immatriculé 88 259, incorporé au DMA2 A/C du 31 décembre 1950 comme EV pour quatre (04) ans par devant la commission de recrutement de Koudougou et arrivé au corps comme soldat de 1re classe ledit jour, j’ai en effet servi l’armée coloniale de 1950 à 1954. J’ai fait la guerre d’Indochine. Depuis quinze (15) ans, je n’ai jamais touché ma pension d’ancien combattant, j’ai convenablement déposé le dossier de régulation de ma pension le 16 juillet 2004 en joignant toutes les pièces nécessaires requises : Mon dossier a été enregistré le 16 juillet 2004 (Mle 88 259 RC) par l’adjudant Fernand Kafando. Selon la Direction des anciens combattants, il fallait attendre six (06) mois plus tard pour qu’il soit traité par la France par le biais de son ambassade au Burkina Faso. Après plus de six (06) ans, rien n’y fit, et à la date du 24 février 2010, il m’a été demandé par la direction nationale des anciens combattants de constituer un nouveau dossier qui prendra encore le temps qu’il faut pour un traitement incertain... Un véritable parcours du combattant Il faut chaque quatre mois se rendre à la direction nationale des anciens combattants à Ouaga et recevoir en fin de compte humiliations et indignations de la part de la France pour qui j’ai versé mon sang pour assurer son avenir d’aujourd’hui et sa liberté. Après avoir combattu aux côtés de la France pour l’égalité, la justice, le droit et la paix, l’histoire aurait voulu que je sois traité avec honneur et considération. Mais hélas ! (voir Sidwaya Plus numéro 5561 du samedi 1er au dimanche 2 avril 2006). A 80 ans, au soir de ma vie, voudriez-vous que mon droit à la pension me soit versé dans la tombe ? Incroyable, car si ce n’est pas fait de mon vivant, ce n’est pas à mon absence de ce monde. Ce que j’attends et ce que j’espère de vous, c’est bien la régularisation, à l’instant, de ma pension. J’en ai besoin pour me prendre en charge au crépuscule de ma vie. “A César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu”. Timbnoma Kabré Ancien combattant Eh bien, cher Wambi, les préoccupations de ton oncle Timbnoma Kabré sont aussi les tiennes, si tant il s’avère qu’au village, la solidarité reste de vertu la mieux partagée. A toi maintenant d’implorer les mânes des ancêtres afin que ses prières soient exaucées pendant qu’il est encore des nôtres. En tous les cas, notre bonne vieille Tipoko l’Intrigante, dont je t’ouvre ci-après le carnet secret y veille déjà. Qu’en dites-vous donc, Monsieur le Premier ministre et monsieur l’ambassadeur de France au Pays des hommes intègres ?
A Bobo-Dioulasso, il est en dépôt-vente à la direction régionale du BBDA des Hauts-Bassins. L’œuvre se veut une exégèse des événements ayant eu cours dans la forteresse de Noumoundara et aux environs de la région au moment où Samory, appuyé de ses sofa, écumait la région au devant des troupes. Amoro, l’édile des Tiéfo, en ressort comme un leader et un stratège qui mit en déroute la horde des assaillants. Amoro, c’est aussi une écriture-vérité. Amoro c’est la survie d’une résistance depuis la bataille de Bama jusqu’aux falaises du Tierla, jetant les bases de l’intégration d’une nation nations. Depuis la fin de l’année 2009, Amoro, le parangon de Noumoundara, a trouvé un chantre en la personne de Jacques Prosper Bazié. Sa chronique, celle du pays Tiéfo, est révélée au grand jour dans ce récit fondateur, qui fait honneur à notre littérature.
Tipoko l’Intrigante n’apprend rien d’elle-même, elle n’invente jamais rien. Tipoko l’Intrigante est un non-être. Elle n’est ni bonne en elle-même, ni mauvaise en elle-même. Elle fonctionne par intuition, car "l’intuition c’est la faculté qu’a une femme d’être sûre d’une chose sans en avoir la certitude..." Ainsi va la vie. Au revoir. Ton cousin, Passek Taalé. L’Observateur Paalga |

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